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Fressain

Origine Historique Armoiries Spécificité
Coutumes locales L'Eglise Le Calvaire La chapelle ND de Grâce
La chapelle St Roch La grotte ND de Lourdes Economie passée Anecdote

Origine du village

Tout laisse à penser qu’à l’age de la pierre polie, une tribu avait établi son village néolithique sur le versant sud de la commune, puisque des outils de même nature ont été retrouvés dans ces terres.

Une voie romaine de Bouchain à Arras passait probablement sur le territoire de la commune, et des objets en bronze de l’époque gallo romaine furent mis au jour.

Au VIème siècle une tribu de germains s’établit dans la région et y fonde quelques localités dont Fressain fait partie.

Au IXe, il est fait mention d’une chapelle seigneuriale, la chapelle des Seigneurs de Villers et de Monchecourt.

En 1096 la charte du tournoi d’Anchin fait mention de Fersing, une famille seigneuriale est attestée, Rodolfus de Fersen. En 1167 le cartulaire de l’abbaye de Liessies, Frasin, en 1203 les archives de Douai mentionnent Freseing, tandis les titres de Saint Amé reprennent de 1211 à 1247 Fressaing, puis successivement Freisiam, Fresain, et de 1508 jusqu’au XIXe, Fressaing.

Fressain viendrait de Freiss qui signifie ‘homme libre’, mais traduite plutôt par demeure du frison, de l’homme libre.


Historique

Comme tout le Nord de la France, en l’an 850 Fressain est ravagée par les Normands.

A cette époque un ‘fort’ est construit sur le point culminant. D’ailleurs la place actuelle est encore appelée par les anciens ‘l’huis du clos’. C’était une annexe du château de Bugnicourt et un souterrain les reliait.

Ce fort fut vraisemblablement détruit dans la seconde moitié du XIIIème.

C’est en 1368 que Colars d’Auberchicourt, chevalier le qualifié Sire de Bugnicourt et de Fressaing, passa dans l’illustre maison de Lallaing, puis dans celle de Lannoy de Ste Aldegonde et de Harville Traisnel.

En 1420 une église de style roman est construite à sa place.

Jacques de Grave, Comte de Fressain, grand Bailli du Hainaut, est désigné en 1531 par Charles Quint comme commissaire pour enquêter sur l’utilité de créer une université à Douai et lui fit d’ailleurs un rapport favorable. Mais le projet n’aboutit jamais, la jalousie de Louvain lui fit obstacle.

Fressain, faisant partie du Hainaut, fut rattaché à la France en 1676, suite à la prise de Bouchain.

Le 15 septembre 1773, il est donné ‘Permission à Mr le marquis de Traisnel d’exploiter provisoirement pendant un an, les mines de charbon qu’il a découvert dans ses terres de Villers, Bugnicourt, Monchecourt et Fressain.

Il fonde ensuite la société des mines d’Aniche en 1778 ; Fressain y est représentée par Monsieur Desvignes Lanvin.

Les travaux commencent immédiatement par l’établissement d’un sondage à l’angle du bois de Fressain, deux fosses furent aussitôt ouvertes, mais on les abandonna l’année suivante à faible profondeur.

Napoléon expédie une lettre de félicitations et décerne la Légion d’Honneur à Auguste Lanvin, dont la carrière de lieutenant fut particulièrement brillante.

L’industrie fait son apparition en 1820-1830 et la culture de la betterave à sucre, développée au cours de la période napoléonienne pour remédier à la pénurie de sucre de canne provoquée par le blocus de l’amiral Nelson et de la flotte britannique, amène la construction d’une sucrerie, et d’une distillerie.

2 brasseries verront également le jour à cette époque. Vers 1860 on note un fabricant de flèches fort estimé, qui laisse supposer la pratique du tir à l’arc.

La sucrerie fonctionnera jusqu’en 1911, la distillerie jusqu’en 1915.

Les artisans étaient nombreux et on comptait 2 forgerons, 3 menuisiers, 1 charron, 2 bourreliers, tandis que le commerce se portait bien avec ses 2 boucheries, 1 charcuterie, 2 boulangeries, une dizaine d’épiceries et jusqu’à 35 estaminets !

Les fermes vendaient sur place leur production de cour et le garde champêtre annonçait à la population l’abattage du gros bétail.

Le travail à domicile était très répandu dans la commune, la confection de mouchoirs.

L’électricité fut installée en 1912 et l’eau courante en 1959.

Fressain est située sur un point culminant du pays d’Ostrevant, à la hauteur de 80m.

Armoiries

Les armes actuelles de la cité sont celles de la maison de Lallaing, ‘de gueules à dix losanges accolés et aboutés d’argent’.





Spécificité du village

Fressain fait honneur à la bonne chère. La Gastronomie est bien représentée ici avec deux producteurs de fraises, de produits laitiers, qui vous réservent leurs meilleures saveurs de terroir. A consommer…sans modération.

Quelques coutumes locales

Le souvenir de quelques coutumes mérite d’être raconté dans cet ouvrage.

C’est ainsi que le 1er mai, par exemple, les jeunes gens allaient fixer une branche sur la cheminée des maisons des filles ‘bonnes à marier’, mettre un mai, et le choix des branches avait une signification parfois gentille, parfois douteuse, cerisier je t ‘épouserais volontiers, frêne elle est à prendre, aubépine je t’estime, bouleau je t’épouse, séhu tu pues, lilas reste là, houx laid comme un pou,…

Cette coutume remonte en 1246, quand l’abbaye de Marchiennes défendait déjà aux Mayeurs et échevins de Bouvignies d’aller dans ses bois, le premier mai, pour prendre les mais que l’on avait coutume de planter ce jour-là.

Les époux qui se séparaient avaient droit à un autre traitement, de réprobation, qu’on appelait d’ailleurs ‘porter géhenneux’, vieille appellation biblique, la géhenne, l’enfer.

Plus agréable était la présentation des vœux le 1er janvier, les garçons et les filles allaient de maison en maison pour avoir un sou, une orange ou une mandarine, souhaitaient ‘bonne année, bonne santé’, ce qui entraînait la réponse, invariable, ‘pareillement, mais ferme la porte il fait du vent’. Le jour de l’an, les gaufres étaient également de rigueur.

Le passage du conseil, pour les garçons, durait 3 jours et, au retour, les conscrits faisaient une quête, œufs, farine,… dans le village. Avec les dons reçus, ils organisaient un bal autour d’un banquet qui réunissait les familles concernées.

Quand aux travailleurs des champs, ils avaient pour habitude de s’arrêter au bistrot rituel de la rue qu’ils devaient emprunter, d’ailleurs les chevaux des charretiers s’y arrêtaient tout seuls, c’est dire que même les chevaux avaient leurs coutumes !

Eglise

Au 9ème siècle, on relève déjà une chapelle seigneuriale à Fressain, la chapelle des Seigneurs de Villers et Monchecourt. Il est possible qu’elle remontât au 7ème, comme celle d’Anchin, dont elle fut longtemps dépendante.

Au 12ème, la paroisse est vraiment constituée avec chapelle seigneuriale, curé et presbytère.

A quatre vingts mètres d’altitude, le village de Fressain est l’un des plus hauts points géographiques du douaisis. C’est tout naturellement au sommet de ce mont que, traditionnellement, les villageois érigèrent les lieux de culte de leur communauté.

l’édification de l’église actuelle fut décidée après la destruction de l’ancienne, victime des bombardements de la première guerre mondiale, elle sera placée sous le patronage de Saint Georges.

Toutefois, le chœur du nouvel édifice est orienté au Nord, contrairement à celui de son prédécesseur, placé à l’Est.

Le porche d’entrée s’ouvre à la base d’un clocher carré, en pierres de taille, et coiffé d’une flèche recouverte d’ardoises haute de 22 mètres, faisant culminer l’ensemble à quarante cinq mètres.

Le restant de l’édifice est composé de briques, tels les contreforts qui rythment la longueur des murs latéraux.

A l’intérieur, le fond du chœur possède la particularité de présenter un crucifix original, le Christ ressuscité se libère de la croix.

De chaque côté, les vitraux représentent les scènes de la vie de saint Georges, saint éponyme (qui donne son nom) de la paroisse.

Victoire Julie, ‘petite’ cloche de trois cent vingt kilos, fut bénite en octobre 1922 dans l’église provisoire, un baraquement construit dans la cour de l’ancien patronage.

L’ancienne grosse cloche, Eugénie Aimée, fut bénite en mars 1929 ; fendue depuis plusieurs années et devenue hors d’usage, elle a été remplacée par la nouvelle, Julie Armande, une ‘gamine’ de 592 kilos, le 23 avril 2000, jour de la saint Georges.

Né au 3ème siècle, Georges est un Saint Thaumaturge (faiseur de miracles) ; reconnaissable au dragon qu'il terrasse, on l'invoque pour soigner les maladies dartreuses (plaques sèches de la peau).

Soldat de l’armée impériale, sa popularité, surtout en Angleterre, est immense, mais la légende est bien éloignée de la réalité.

Au 4ème siècle, tous les sujets de l'empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l'empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux.

A Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il sera exécuté pour refus d'obéissance, vers l’an 303.

La popularité de son culte sera telle que la piété populaire ne pourra se contenter des maigres données de l'histoire.

On le fait couper en morceaux, jeter dans un puits, avaler du plomb fondu, brûler dans un taureau de bronze chauffé à blanc, donner en nourriture à des oiseaux de proie.

Mais à chaque fois, saint Georges ressuscite et en profite pour multiplier les miracles.

A ces fioritures morbides, s'ajoutera au 11ème siècle, la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon.

Traversant Silcha en Libye, Georges trouva la ville terrorisée par un dragon qui exigeait de la chair humaine pour satisfaire son appétit.

Les victimes étaient choisies par tirage au sort et, le jour de la venue de Georges, c'était le tour de la propre fille du roi. Elle avait été enchaînée à un rocher en dehors de la ville, habillée comme une mariée pour attendre la mort.

Georges s'arma de sa lance et partit affronter le monstre. Il le vainquit et le ramena à la ville, apprivoisé et tenu en laisse au moyen de la ceinture de la princesse.

Il déclara ensuite aux habitants qu'il ne tuerait le dragon que s’ils se convertiraient au christianisme. Naturellement ils obéirent rapidement et quinze mille hommes furent baptisés.

Ce dont on est sûr, c'est qu'au 4ème siècle, l'empereur Constantin lui fit édifier une église à Constantinople. Cent après, on en compte une quarantaine en Egypte. On les voit s'élever en Gaule, à Ravenne, en Germanie.

En France, 81 localités se sont placées sous sa protection et portent son nom. On ne compte pas avec précision le millier d'églises dont il est le titulaire.

Ses armes, une croix rouge avec liseré blanc, sont incluses dans l'Union Jack, drapeau national du Royaume-Uni.

Bien qu’on ait voulu nier son existence, l'absence de précisions ne firent jamais disparaître la mémoire de ce martyr de Palestine.

Patron de l'Angleterre, du Portugal, de l’Ethiopie, des militaires et des armuriers, il est invoqué contre la peste, la lèpre et la syphilis.

Un dicton lui est attribué : ‘Si mouillée est la Saint Georges, les cerises lui restent dans la gueule’.

Le Calvaire

Erigé à l’extérieur du bourg, au bout de la rue du 8 Mai 1945, à l’intersection de deux vieux chemins pavés, 2 grands arbres de part et d’autre de l’édifice agrémentent le décor.

Un calvaire existait déjà avant la Révolution sur le terrain que le seigneur du village avait abandonné.

Il disparut à la Révolution mais la croix et le Christ furent conservés à l’église.

En 1822 Mr Noché, grand propriétaire à Fressain obtint du conseil municipal où siègeait le maire, son cousin, l’autorisation de construire un nouveau calvaire. Le fronton de l’édifice porte d’ailleurs la date de 1823.

Enfin, en 1927 et 1999, des travaux de réfection furent entrepris.

Comme beaucoup d’autres calvaires de la région, il est abrité derrière une abside de maçonnerie, il s’agit d’une construction soignée de style néoclassique, imposante.

A l’intérieur, la croix de bois supporte un beau Christ représenté mort, les yeux clos, les jambes sont fléchies, les pieds fixés par un seul clou.

La souffrance endurée par le supplicié est aussi perceptible dans les mains dont tous les doigts sont repliés sauf l’index droit.

Sur la table d’autel, Marie regarde son fils en portant la main gauche sur le cœur, tandis que Jean, les bras croisés, regarde droit devant lui.

Chapelle Notre Dame de Grâce

Elle se dresse à l’extrémité du village, en bordure de la D140A vers Aubigny, sur un terrain donné à la commune par Mr et Mme Depret-Villain.

Son existence est ancienne : un plan du début du XVIIIème montre la présence d’une construction à ce carrefour. Comme tant d’autres, elle disparaît à la Révolution, le plan cadastral de 1812 ne la représente plus.

Cependant, le souvenir reste puisque la rue s’appelle dès cette époque rue de la Chapelle.

Reconstruite une première fois entre 1812 et 1865, et une seconde en 1966 pour laisser la place cette fois à un rond-point, elle fut bénie par le chanoine Leclercq, archidiacre du Douaisis, après qu’une procession partie de l’Eglise, eut ramené la statue de la Vierge dans la nouvelle construction.

La Vierge et l’Enfant portent tous deux les symboles royaux. Marie, couronnée, est vêtue d’une robe et d’un voile blancs à parements dorés, et d’un manteau bleu ciel.

Elle regarde l’Enfant, assis sur sa main gauche, et lui prend les pieds. Le poupin tient le globe de la main gauche, tandis que de la droite il donne la bénédiction.

Protectrice militaire épiscopale de Cambrai, Notre Dame de Grâce fut aussi invoquée contre la peste en 1486, et pour obtenir de bonnes récoltes (1548 et 1696).

Voir le culte de ND de Grâce à Bugnicourt.


Chapelle Saint Roch

Publique, sise devant l’habitation portant le numéro 270, dans le village, en bordure de la rue du Bois, elle fut bâtie en 1849 comme beaucoup de chapelles dédiées à St Roch, à cause de l’épidémie de choléra qui fut particulièrement meurtrière à Fressain et compta cette année-là 107 enterrements.

Pour implorer du ciel la fin du fléau, les chrétiens de la paroisse promirent la construction de la chapelle et tinrent cette promesse.

En 1972 la chapelle fut remise en état par les paroissiens de la rue du Bois, à l’initiative de Mr Druon Defauquet. Son dernier propriétaire, Mr Jacques Plet, vient de la céder à la commune.

Quatre statues sont exposées sur l’autel : Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, une Vierge à l’Enfant et, à droite de St Roch, un évêque missionnaire qui foule aux pieds le dragon symbolisant le paganisme, portant le casque et protégé par une cuirasse. La tradition locale le désigne comme étant Saint Liévin qui pourrait avoir trouvé refuge ici à la disparition d’une chapelle dont il était patron.

Une procession se rendait autrefois à la chapelle St Roch, un dimanche au début de Septembre ; à cette occasion on sortait les bannières, les statues et le dais sous lequel prenait place le prêtre. Les nombreux fidèles apportaient le blé et les légumes, pour remercier Dieu de leur avoir permis de faire une bonne saison.

Voir le culte de Saint Roch à Goeulzin.

Grotte Notre Dame de Lourdes

Jouxte l’église paroissiale à sa gauche, au centre du village.

C’est en 1935 que la gouvernante de l’abbé Victor Delannoy, Mlle Franchomme, issue d’une famille de riches industriels, prend à sa charge les frais de construction de l’édifice, 20000Frs de l’époque.

L’ ouvrage fut réalisé par des maçons italiens et inauguré le 7 juillet 1935 sous la présidence du chanoine Delrue, doyen à Valenciennes, et de l’abbé Momal, doyen d’Arleux.

Sous la niche de la Vierge est scellée une pierre rapportée de la grotte de Massabielle par un pèlerin. En touchant cet objet, le suppliant espère capter le pouvoir du lieu saint.

A l’époque, à la fin Septembre, on observait une neuvaine à Notre Dame de Lourdes ; à cette occasion des processions aux flambeaux se rendaient jusqu’à la grotte.

Voir le culte de ND de Lourdes à Marcq en Ostrevent.







Economie passée

Fin du XIXe, l’industrie était bien représentée à Fressain, on y comptait une sucrerie (Lanvin), disparue aujourd’hui, qui occupait jusqu’à cent personnes pendant la campagne betteravière, une distillerie (Lasne), toujours visible, occupée maintenant par la Faisanderie, 2 brasseries, une fabrique de chicorée.

En 1943 une usine de teillage de lin (Deprez) remplace l’ancienne brasserie, la grande cheminée bien visible témoigne encore de sa présence.

Elle emploiera jusqu’à une centaine d’ouvriers en saison. Le lin y était travaillé vert ou roui, la filasse expédiée à Roubaix pour être filée, tandis que l’étoupe allait à la fabrication des cordes et des ficelles.

Très répandue, la confection de mouchoirs occupa les dames et jeunes filles du village, les fabricants de mouchoirs de Cambrai apportaient des coupes de tissu à domicile, que les ouvrières devaient couper, ourler, ajourer et broder.

Ces mouchoirs étaient surtout destinés à l’exportation, vers l’Angleterre.


Anecdote

Un fait très remarquable est à noter à Fressain : presque tous les maires qui se sont succédés depuis Napoléon font partie de la famille Lanvin.

C’est ainsi que 5 générations de la famille Lanvin servirent la commune pendant 180 années ininterrompues, de 1813 à 1993.

Autre fait marquant de Fressain : Mr Auguste Lanvin, fabricant de sucre, quitte Fressain en 1913 pour la Côte d’Or.

Lors de la guerre 1914-1918 des habitants de Fressain qui avaient fuit devant l’envahisseur trouvèrent chez lui le meilleur accueil.

De même les soldats séparés de leurs familles restées dans le Nord venaient y passer leurs permissions, et délicatement, Mr Auguste Lanvin leur procurait un peu de travail, ce qui leur permettait de regagner leur formation avec quelque argent.

C’est en 1921 que la célèbre chocolaterie Lanvin fut créée et tracée sur les registres de Dijon.