Editorial de Michel Carlier, pour Villers au Tertre


Le Nord, notre département et notre région, le Nord, si souvent décrié par ses habitants eux-mêmes, est pourtant le lieu de notre naissance, de notre jeunesse, de nos premiers émois. Nous y avons vécu heureux en famille, au rythme des saisons.

Son ciel n’est pas toujours bleu, la chaleur n’y règne pas en maîtresse , mais…c’est notre Nord ! J’aime son ciel changeant, quoique souvent menaçant, ses plaines à blé ou à betteraves, ses bois aux sombres frondaisons, ses petits chemins de terre, ses vallons. Oui ! Ses vallons !

Ce n’est pas ici, comme les gens du Sud pourraient le croire, l’uniformité et la platitude. Des dépôts tertiaires ont façonné , en quelques endroits , un petit relief plein d’humilité, mais qui ne manque pas de charme.

Je suis né à Erchin, village pelotonné contre une colline des monts Saint Rémy, à l’Est de Douai. Quelques années plus tard, j’allai habiter 2 kms plus loin, à Villers-au-Tertre, toujours sur une colline. Ce petit coin du Nord a constamment servi de cadre à mes plus beaux moments, et je ne peux l’oublier.

L’âge venant, je me suis penché sur l’histoire de Villers-au-Tertre et aussi celle des humbles villages qui siègent au long de cette modeste rangée de promontoires. Un irrésistible besoin de connaître le passé de l’endroit m’a impérieusement saisi, ainsi que celui de faire connaître, à qui veut bien tendre l’oreille, la survivance de quelques vestiges intéressants et les scènes historiques qui se sont déroulées ici en des temps reculés.

Comme toute parcelle de notre pays, celle-ci a un rapport certain avec la grande Histoire de France. Pour retrouver le passé, ce n’est pas toujours facile. Nous devons abandonner notre regard d’aujourd’hui sur ces lieux. Le temps a fait son œuvre, et le paysage a changé. Il est donc nécessaire de se replacer en esprit dans les époques traversées. Le temps, insidieusement, a fait son œuvre ; c’est à nous de le traquer , date par date, dans son déroulement au cours des siècles.

Je cède au plaisir de citer ici une déclaration, faite en 1819 par le poète et philosophe Coleridge (1772-1834) : « Qui veut améliorer le présent ne doit certes pas mépriser le passé ; c’est une grande erreur de l’idolâtrer, mais une plus grande encore de le dédaigner ». Les hommes, en grande majorité, oublient que l’avenir devient très rapidement « présent », qui, à son tour, devient rapidement « passé ». N’allons donc pas trop vite, profitons calmement des jours présents, et parcourons avec intérêt notre passé !

L’histoire de Villers-au-Tertre a déjà été fouillée trois fois : par l’abbé Guidé, en 1903, l’abbé Dufour en 1932, Jean Noël Carlier en 1966. Le maximum a donc été fait.

Cependant, lisant et relisant sans cesse les plus beaux passages de l’histoire de mon village, cherchant, de-ci de-là, tout écrit , toute chose se rapportant à Villers-au-Tertre, j’ai quelquefois trouvé des documents, des précisions supplémentaires qui affinent certains faits.

Je voudrais réhabiliter l’intérêt que peut avoir le moindre hameau, car, les batailles, les faits d’armes, le passage des grands personnages, n’ont pas seulement eu comme cadre les villes, mais aussi le moindre recoin de notre sol. Le plus humble des habitants d’un lieu n’a-t-il pas sa gloire quand on le trouve, au cours des siècles, tenant tête aux légions de César, combattant pour son seigneur ou son roi, puis, pour la Révolution et l’empire Napoléonien, et enfin pour défendre son pays , lors des guerres 1914-1918 et 1939-1945 ?



Michel Carlier

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